10 mai 2006

P.L.U.: Projet d'Aménagement et de Développement Durable

La procédure de révision du Plan Local d'Urbanisme de notre commune est arrivée au terme de l'étape du Projet d'Aménagement et de Développement Durable avec sa modification le 27 mars 2006.
Il s'agit d'un document majeur qui fixe les orientations de développement de Saint Mandrier pour les années à venir. C'est lui qui définit le devenir de notre territoire.
Il s’agit d’une étape essentielle qui aurait dû faire l'objet d'une information et d'une concertation particulièrement poussées.
Bien sur les personnes publiques intéressées ont du être associées à ce processus. Mais nous regrettons qu’on ne soit pas allé plus loin en invitant les élus minoritaires à participer aux réunions du PLU et donc en leur permettant de s'exprimer et d’apporter leurs propositions au moment de l'étude.
Après la phase de diagnostic qui a été finalisée il y a déjà bien longtemps, est venue la phase du PADD qui présente la volonté et les intentions de la majorité municipale pour au moins les 15 années à venir en matière de gestion du territoire.
Celui-ci a fait l'objet d'une plaquette de présentation qui n’est ni plus ni moins qu’un document d’information municipale, remplaçant le numéro de mars 2005 du Mandréen, dans lequel les élus minoritaires auraient du être invités à s’exprimer. Cela n’a pas été le cas malgré la réponse du Ministre de l’Intérieur publiée au JOAN du 31.01.2006 qui nous donne raison.
Avec le PADD, il s'agit et nous insistons là-dessus, de la phase essentielle de la procédure de PLU car c’est le document qui va définir la philosophie de développement du territoire de notre commune, du moins jusqu’à ce que le Schéma de Cohérence et d’Organisation du Territoire (SCOT) de l’Aire Toulonnaise en cours d’élaboration par l’Agence d’Urbanisme de Toulon Provence Méditerranée vienne s’imposer à lui. D’ailleurs ne serait-il pas plus logique de mettre notre révision du PLU en stand by en attendant la mise en application du SCOT afin d’éviter tout risque d’incompatibilité et d’incohérence obligeant la révision d’ici peu de notre PLU ?
Cette phase exigeait donc, et c’est la loi qui le prévoit et non le bon vouloir de M. le Maire, une information et une participation citoyenne contribuant à l'émergence de l'intérêt général qui seul doit présider à la définition de l'avenir de Saint Mandrier.
Expositions et réunions publiques ont permis de présenter le PADD à la population, mais au lieu de mettre des registres avec des pages numérotés, seul moyen fiable et infalsifiable, à la disposition des citoyens pour y consigner leurs remarques et appréciations, nous avons eu droit à des urnes dont nous ne savons qui avait les clefs et dont le contenu et le dépouillement n’ont fait l’objet d’aucune procédure de contrôle, ouvrant ainsi la porte à toutes les suspicions de bourrage des urnes, de trafic des fiches déposées et de falsification des résultats.
Mes collègues de PRESQU’ILE AVENIR et moi-même avions il y a plusieurs mois fait part de nos inquiétudes au sujet de ce procédé de consultation de la population, sans plus d’échos.
Heureusement quand le projet définitif de PLU sera présenté aux Mandréens cela se fera sous la forme d’une enquête publique avec de véritables registres aux pages numérotées et dans lesquels chacun pourra écrire ses appréciatons mais aussi lire celles des autres. En toute transparence !
Quant au document qui nous a été présenté, ce n’est qu’un habillage, plus ou moins bien réussi d’ailleurs, de la volonté du maire et de la majorité municipale de construire partout où cela est encore possible, sans discernement, nous ramenant tout droit et en grande vitesse à l’ancien POS et à ses objectifs de passage de la population à 10.000 habitants.
En effet, les résultats du recensement de 2004 sont significatifs. La commune, en comparant les données comparables soit les chiffres de la population permanente, est passée de 5.200 habitants en 1999 à 6.600 habitants en 2004, soit une augmentation de 27% en 5 ans.
En suivant la même progression, ce qui est cohérent, nous allons arriver à 8.400 habitants et cela sans prendre en compte toutes les zones qui vont être ouvertes à la constructibilité; au bas mot 300 logements supplémentaires, soit en appliquant le coefficient retenu pour toutes études démographiques de 2,4 personnes par logement en moyenne, 720 habitants de plus.
En clair, d'ici quelques années, Saint Mandrier, avec près de 9.200 habitants, sera en passe d’atteindre les objectifs de l’ancien POS alors qu’en 2001 M. le Maire déclarait qu’il ne fallait pas une augmentation de plus de 10% de la population. Or nous en serons à plus 77% !
A qui veut-on faire croire qu’en multipliant la population sur un minuscule territoire comme le notre, le cadre de vie restera le même et la qualité de vie ne régressera pas. Pas à nous !
Alors bien sur, on nous rétorque qu’il faut construire notamment des logements sociaux pour que nos enfants puissent trouver à se loger à Saint Mandrier. Mais quand on s’intéresse à la folle flambée de l’immobilier et du foncier dans notre zone littorale, qui va pouvoir acheter et construire, qui va pouvoir payer les loyers au tarif du marché: pas la plupart de nos jeunes.
On nous dit que l’on va contraindre le promoteur de l’opération du terrain LUCCO à réaliser 30% de logements sociaux. Soit, mais rien n’est prévu pour les autres zones ouvertes à l’urbanisation et aucun engagement n'est pris quant aux attributions de logements.
Et quid des équipements publics qui devront suivre ce rythme infernal de progression démographique sous peine de saturation, et cela avec un coût d’investissement et surtout de fonctionnement dont on ne nous dit rien. Quand on voit déjà les travaux considérables que la commune réalise depuis quelques années pour se mettre au niveau des besoins actuels, particulièrement contre les risques d’inondation, et la multiplication des créations de poste dans le personnel communal, on peut légitimement être inquiets.
Et quid de la nature quand on a comme projet de transformer notre forêt en un vaste parc urbain voué aux loisirs.
Mais comme le maire ne manque pas de le dire, la critique est aisée. Mais comment faire quand jusqu’à présent nous n’avons à aucun moment été concertés pour apporter des propositions.
Alors nous le faisons en nous attachant à quelques points en particulier.
°/ Les logements sociaux : acquisitions des terrains par la commune soit avec les subventions du CG 83 et du CR PACA, soit avec le portage de l’Etablissement Foncier Régional.
°/ Conserver les terrains Garonne en zone agricole pour combattre la perte des terres agricoles dont souffre de plus en plus le Var, en y associant le projet de ferme pédagogique qui y serait bien plus à sa place.
°/ Réaliser le gymnase sur le terrain Ardissone dont la proximité du collège permettrait de conserver la prise en charge financière par le CG 83 et garderait au village son stade même s’il n’est plus aux normes pour les compétitions senior d’ici quelques années ; le stade Juvénal n’étant pas surbooké. Cela permettrait de substantielles économies puisqu’il s’agirait d’acquérir 2.000 m² au lieu de 12.000 m² minimum pour le stade chez Lucco, quand on sait que le prix du m² constructible tourne autour de 100 €. Un million d’euros d’économie !
°/ Conserver, en respect du jugement du T.A. de Nice, le vallon de Cavalas en l’état pour préserver un site à l’esthétique remarquable, quoiqu’en dise le maire en s'appuyant uniquement sur les passages qui l'intéressent d'une étude commandée à l'ONF .
°/ Ne pas permettre n’importe quoi, même si le projet est séduisant, à la Marinière; comment peut-on encore croire à un équipement hôtelier de 140 chambres recevant en thalassothérapie tout au long de l’année 200 curistes/ jour ?
°/ Ne plus surcharger les abords du village de constructions qui vont accroître les problèmes de circulation et de stationnement.
°/ Etre strict en terme d’aménagement sur le projet du promoteur immobilier chez Lucco afin de proposer au futur habitants et aux riverains un cadre de vie agréable.
Le Projet d’Aménagement et de Développement Durable qui nous est proposé aujourd’hui n’est qu’un habillage dissimulant une volonté de construire à tout crin, partout où cela est encore possible, même si, nous le reconnaissons, certaines parties portant sur les déplacements, les activités économiques et la maîtrise des risques sont dignes d’intérêt. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt et nous nous refusons de nous y laisser prendre.

Enfin, afin d’éviter toute interprétation malveillante, nous précisons qu’aucun de nous n’a d’autre intérêt que l’intérêt général, n’étant intéressés à aucune promotion immobilière, directement ou par l’intermédiaire de SCI, n’étant propriétaire d’aucun terrain appelé à devenir constructible, et n’étant menacé par aucun projet.
Les élus de Presqu'île Avenir: Danielle BAUVERIE, René BARBESANT, Michel MARIN (tél: 06.07.03.94.19

Aucun commentaire: